La justice civile et prud’homale a été profondément bouleversée par le décret du 18 juillet 2025. Cette réforme sur les MARD ( modes amiables de résolution des différends ) impose désormais un principe...
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La justice civile et prud’homale a été profondément bouleversée par le décret du 18 juillet 2025. Cette réforme sur les MARD (modes amiables de résolution des différends) impose désormais un principe fort : privilégier le règlement des conflits sans s'engager systématiquement dans des procédures civiles longues et complexes.
L'objectif du ministère de la justice est de valoriser l'instruction conventionnelle en responsabilisant les parties. Cette approche incite à trouver une solution négociée avant même de saisir le juge au fond.
Il est clair que l’audience de règlement amiable et les nouveaux modes amiables transforment la gestion du litige. Plutôt que de subir un procès, les acteurs du droit disposent de leviers pour obtenir un accord amiable solide, dont le procès-verbal d'accord aura force exécutoire.
De quoi s'agit-il précisément ? Quels en sont les enjeux et les bénéfices pour votre pratique ? Voici les clés pour intégrer la résolution amiable au cœur de votre stratégie juridique.
Les MARD (modes amiables de résolution des différends) constituent un ensemble de procédures permettant aux professionnels du droit de proposer un règlement alternatif au procès. Qu'il s'agisse de conflits privés (séparation, succession), commerciaux ou immobiliers, cette dynamique de résolution amiable s'adapte à tous les contentieux, notamment en matière prud'homale pour les litiges du travail.
Le recours aux modes amiables offre des bénéfices concrets pour répondre équitablement aux attentes des parties :
Dans ce cadre, le professionnel du droit joue un rôle de conseiller stratégique. L'avocat peut accompagner son client lors d'une procédure participative ou agir comme médiateur indépendant pour faciliter les échanges. On distingue alors deux types de médiation : la médiation judiciaire, ordonnée par le juge, ou la médiation conventionnelle, qui permet d'aboutir à un accord amiable avec ou sans l'intervention d'un tiers via un processus collaboratif.
L'objectif est clair : transformer le litige en un règlement des différends maîtrisé avant même de devoir saisir le juge.
Longtemps délaissée, la phase de conciliation est désormais au cœur de l'organisation judiciaire. Le décret n° 2025-660 du 18 juillet, entré en vigueur le 1er septembre, marque une volonté claire du ministère de la justice de donner une place centrale aux MARD dans les procédures civiles.
Cette réforme de l’instruction conventionnelle et des modes amiables de règlement repose sur un principe de coopération renforcé entre le juge et les parties. Selon l'article 21 du Code de procédure civile, « les parties peuvent à tout moment convenir de résoudre à l’amiable tout ou partie du litige ».
La mise en œuvre de la résolution amiable des différends se décline selon la complexité du dossier :
Le calendrier de ces modes amiables de résolution est strictement encadré : la procédure ne peut excéder 5 mois, avec une seule prolongation possible de 3 mois. Cette rigueur garantit que la recherche d'un accord amiable reste un levier d'efficacité et non une cause de ralentissement du règlement des différends.
Dans les relations entre employeurs et salariés, les MARD (modes amiables de résolution des différends) trouvent une application concrète au sein de la juridiction paritaire. La phase de conciliation prud’homale est confiée au Bureau de Conciliation et d'Orientation (BCO), dont la mission de résolution amiable a été renforcée par le décret n° 2016-660 du 20 mai 2016.
Première étape de la procédure devant le Conseil de prud’hommes, le BCO ne se contente plus de constater un éventuel accord. Selon l'article L. 1454-1-2 du Code du travail, en cas d'échec de la conciliation, le bureau assure prioritairement la mise en état de l'affaire.
Pour garantir l'efficacité du règlement des différends, le BCO déploie des outils structurants :
Le BCO agit ainsi comme un véritable organe de régulation des procédures civiles sociales. Il est habilité à sanctionner tout manque de coopération d'une partie.
L'audience devant le Bureau de Conciliation et d'Orientation est une étape obligatoire qui place les parties face à un choix stratégique : persister dans le conflit ou privilégier les MARD (modes amiables de résolution des différends). L'efficacité de la procédure dépend de la comparution des acteurs : si une partie fait défaut sans motif légitime, le bureau peut procéder au jugement de l'affaire directement.
En cas d'échec de la résolution amiable, la décision du BCO impacte lourdement les délais de la procédure civile. Pour fluidifier les échanges, le conseil peut accorder une dispense de comparution physique lors des séances de mise en état. Les parties peuvent alors être représentées par leur avocat ou communiquer par lettre recommandée, une souplesse qui favorise le règlement des différends sans les contraintes de déplacement.
Faire le choix des modes amiables de résolution dès cette étape permet souvent d'éviter une attente de plusieurs mois avant d'obtenir une décision au fond.
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Avec BCO |
Sans BCO |
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Durée globale de l'instance |
Le litige peut trouver son dénouement définitif le jour même de la séance devant le Bureau de Conciliation et d'Orientation. |
Il peut y avoir plusieurs mois voire plusieurs années de procédure. |
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Nombre d'étapes procédurales |
Une seule étape : les parties échangent, trouvent un compromis avec l'aide des conseillers, et signent directement un procès-verbal de conciliation qui clôt le dossier. |
Le bureau adopte un calendrier de procédures imposant des délais successifs pour échanger les prétentions, les moyens et les pièces. Il peut y avoir des séances régulières de suivi du dossier. |
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Mesures d'instruction |
Les faits sont débattus à l'oral pour trouver un accord sans avoir à prouver formellement chaque point. |
Le bureau peut ordonner des mises en demeure de produire des pièces, nommer un ou deux conseillers rapporteurs avec un délai d'exécution, ou encore organiser l'audition de tiers. |
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Mise en exécution de la décision |
Le procès-verbal de conciliation matérialise l'accord. |
Il faut attendre la fin des échanges, la tenue de l'audience publique, le temps du délibéré, la rédaction du jugement, sa notification, tout en s'exposant aux délais d'un éventuel appel suspendant l'exécution. |
Dans le cadre des MARD, la phase de conciliation prud’homale offre une opportunité fiscale et sociale majeure pour résoudre un litige lié à la contestation d'un licenciement. Cet accord amiable, formalisé par le versement d'une indemnité forfaitaire de conciliation, permet de clore le dossier dès la première audience.
Le régime de faveur de ces sommes constitue un levier stratégique pour le règlement des différends :
Privilégier les modes amiables de résolution des différends lors de cette étape permet ainsi de maximiser le montant net perçu par le salarié tout en maîtrisant le coût global pour l'employeur.
Le décret du 18 juillet 2025 simplifie l'exécution des MARD. Auparavant, un accord amiable devait systématiquement être homologué par un juge pour permettre des saisies ou des exécutions.
Désormais, la procédure est accélérée pour les professionnels du droit. En effet, les accords contresignés par les avocats des deux parties peuvent être directement revêtus de la formule exécutoire par le greffe de la juridiction. Ce mécanisme confère à l'accord la même force qu'un jugement, avec des coûts réduits et des délais très courts pour les deux parties.
Si l'accord n'est pas contresigné par un avocat, une requête conjointe devant le juge reste nécessaire pour obtenir l'homologation.
Cette réforme sécurise les modes amiables de résolution des différends.
Le recours aux MARD (modes amiables de résolution des différends) permet de neutraliser l'incertitude liée à un procès. Depuis les ordonnances Macron de septembre 2017, le pouvoir d'indemnisation du juge en cas de licenciement injustifié est strictement encadré par un barème basé sur l'ancienneté du salarié.
Malgré les recommandations du Comité des ministres du Conseil de l'Europe prônant une réparation du préjudice individuel réel, la Cour de cassation a confirmé la validité de ce barème à plusieurs reprises (mai 2022 et septembre 2023).
Ce plafond légal certifié devient un outil de négociation incontournable lors d'une résolution amiable :
En intégrant ces modes amiables dès le Bureau de Conciliation et d'Orientation, les professionnels du droit transforment une contrainte légale en un levier de transaction sécurisé.
Lorsqu’un employeur et un salarié sont en conflit suite à un licenciement, le professionnel du droit qui accompagne ce dernier peut lui éviter un procès long devant le Conseil de prud'hommes (CPH) en lui proposant d'utiliser la nouvelle dynamique de justice amiable.
Le recours au « Guide des MARD » de LexisNexis permet justement d’appliquer cette démarche. L’avocat consulte la fiche 24 « La phase de conciliation imposée au juge » qui précise les spécificités de la matière prud'homale. Elle rappelle que le Bureau de Conciliation et d'Orientation (BCO) dispose désormais d'une mission renforcée de pré-mise en état. Le juriste s'appuie sur la possibilité d'obtenir une indemnité forfaitaire de conciliation (exonérée d'impôt) pour inciter les parties à signer un accord immédiat qui vaudra titre exécutoire.
Cette approche prévient l’attente de plusieurs mois voire années liée à l’aléa judiciaire et aux délais d'audience classiques.
La valeur ajoutée de cette méthode réside dans la capacité à convertir le passage obligatoire devant le BCO en un dénouement rapide et fiscalement avantageux. En maîtrisant les modes amiables de résolution des différends, vous offrez à vos clients une sécurité juridique et financière dès la première audience.
Le décret donne une définition commune : « tout processus structuré où les parties tentent, avec un tiers, de parvenir à un accord ». La conciliation est gratuite et plus directive, tandis que la médiation judiciaire est payante et facilitatrice, reposant sur l'autonomie des parties.
L'audience de règlement amiable (ARA) est confidentielle et permet la suspension du principe du contradictoire. Suite au décret, elle concerne toutes les juridictions civiles, à l'exception des prud'hommes qui disposent déjà du BCO.
Le décret simplifie cette étape. Si l'acte est contresigné par les avocats des deux parties, il suffit de demander au greffe d'y apposer la formule exécutoire. À défaut, une requête aux fins d'homologation devant le juge reste nécessaire.
C'est un mode de résolution sans tiers régulateur externe. Les parties, accompagnées de leurs avocats formés à la démarche, œuvrent directement à la résolution amiable. Ce processus a pour effet de suspendre les délais de péremption.
Non. Lorsqu'elle est versée pour réparer un licenciement sans cause réelle et sérieuse, dans les limites du barème de l'article L. 1235-3 du Code du travail, elle est totalement exonérée d'impôt sur le revenu.
Face à l'évolution constante du droit, maîtriser les MARD (modes amiables de résolution des différends) est devenu un impératif stratégique. Pour sécuriser vos dossiers, le « Guide des MARD » LexisNexis constitue un outil prêt à l'emploi. Il vous offre un accès immédiat à des sources fiables, des décisions récentes et une jurisprudence analysée, réduisant ainsi les risques d'erreur tout en vous faisant gagner un temps précieux.
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