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L’an passé, nous avons célébré les 125 ans de l’entrée des femmes dans la profession d’avocat, à la suite de celle de Jeanne Chauvin, la pionnière du barreau parisien. L’occasion de se replonger dans les débats à la Cour, au Parlement comme dans les journaux de l’époque et d’apprécier le chemin parcouru tant au sein de la société que de notre profession. En effet, lorsqu’en 1897, la Cour s’oppose à l’admission au barreau de Jeanne, pourtant docteur en droit, elle argue que « le tempérament émotionnel et par-là même passionné de la femme et sa nature essentiellement analytique sont incompatibles avec la sérénité et l’esprit de synthèse qui doivent caractériser la Justice ». Mes consœurs qui constituent désormais près de 60 % de la profession apprécieront !
Si, depuis, nous avons fait un beau bout de chemin, les idées reçues ont néanmoins la dent dure et continuent de coûter cher aux femmes. En France, selon une étude récente de l’Observatoire du Conseil national des barreaux, nous constatons, dès la première année d’exercice, un écart de revenu entre consœurs et confrères de l’ordre de 4 400 € annuel net. Un écart qui ne se résorbe guère au fil de la carrière compte tenu notamment de la difficulté constante pour les femmes à accéder aux postes de counsel ou d’associée et ce partout dans le monde – selon les données consolidées par l’International Bar Association, dans le cadre du projet « 50 : 50 by 2030 », nous représentons 47 % des avocats dans le monde, mais seulement 38 % des professionnels occupant des fonctions dites senior.
Pour les instances de la profession, des Ordres jusqu’au CNB, cet objectif d’une gouvernance partagée des cabinets représente le défi de la décennie, tant la proportion de femmes, et c’est heureux, ne cesse de croître. Il représente d’autant plus un défi pour nous qui sommes une profession libérale, nous qui sommes attachés à notre liberté, nous qui aimerions que ce ne soit pas en imposant, en régissant, en indexant que nous obtiendrons cette égalité professionnelle à laquelle nous aspirons. Bien entendu, il faut punir sans faillir ni faiblir les discriminations caractérisées, elles sont malheureusement toujours trop nombreuses et les bâtonniers s’y emploient. Pour le reste, me direz-vous, que faire au 21e siècle ?
Il nous a semblé qu’il fallait, pour répondre à cette vaste question, revenir aux origines, revenir à Jeanne, à son courage et à son éloquence. Car après tout, c’est bien par la verve de son verbe qu’elle finit de convaincre le Parlement d’autoriser les femmes à entrer au barreau. Raison pour laquelle le Conseil national des barreaux signe aujourd’*** un partenariat avec l’association 2GAP, qui se bat depuis plusieurs années pour faire entendre la voix des femmes, et promouvoir la gouvernance partagée au sein des organisations. Je veux à ce titre remercier Claire Poirson, dont l’engagement constant a rendu cet accord possible, ainsi que Nawel Oumer, présidente de la commission Égalité du CNB. En intégrant le réseau 2GAP, nous nous engageons bien sûr à garantir la parité des intervenants lors de nos évènements publics, mais surtout, nous amplifions les opportunités pour les avocates de s’exprimer dans le débat public. Car, Jeanne, Simone, Gisèle, Yaël, nous l’ont si bien enseigné, lorsque la parole est à l’avocate, le monde change.
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