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Donald Trump est le nouveau shérif et, alors qu'il travaille pour les nouveaux barons du bétail des plaines numériques, il faut revoir « L'homme qui tua Liberty Valance » de John Ford.
Ransom Stoddard, sénateur prestigieux, revient avec son épouse Hallie dans l'Ouest, à Shinbone, pour assister aux obsèques d'un vieil ami, Tom Doniphon. L'explication de ce voyage à la presse intriguée prend la forme d'un long flash-back qui raconte l'arrivée à Shinbone du jeune Stoddard, avocat venu de l'est en diligence muni de son seul code. La diligence est attaquée par le bandit Liberty Valance qui humilie Stoddard et déchire les pages de son code. Tom Doniphon, cow-boy à la probité armée d'un colt et seul à tenir tête à Valance, l'accompagne chez les Ericsons qui le recueillent dans leur auberge avec leur fille Hallie dont Tom est épris. Stoddard veut faire condamner Valance. Rien n'y fait : ni le droit, ni le journal local pour lequel il travaille, ni l'instruction qu'il donne dans une école improvisée ne peuvent rivaliser avec la force de Valance. Reniant ses idéaux, Stoddard défie Valance en duel et survit miraculeusement, laissant le hors-la-loi mort dans la rue. Candidat au Congrès, Stoddard songe à renoncer quand le meurtre qu'il a commis lui est rappelé. Surgit Doniphon qui lui révèle qu'il n'a commis aucun crime puisque c'est lui, Tom qui, tapis dans l'ombre, a tué Valance. Stoddard gagne les élections et le cœur de Hallie, Doniphon perd tout. Fin du flash-back. La presse renonce à publier l'information au célèbre motif que « ... this is the West... when the legend becomes fact, print the legend ».
La démocratie est ainsi née d'un mensonge. Ambigüe dans son fondement même, elle s'établit par la force et même le meurtre, moindre mal nécessaire au triomphe du code sur le colt. Donald Trump connaît son John Ford. Il sait que Valance et la violence de son fouet ont perdu. Au mensonge originel d'une démocratie gênée dans ses fondements, il oppose des mensonges démultipliés par la technologie pour s'attaquer aux instruments du progrès politique décrits par Ford : l'école, la presse, l'élection, le droit. Il en est des jugements comme des élections, Donald Trump ne les aime que s'il gagne, et de la presse comme des écoles, leurs libertés, d'expression et académique, devraient s'exercer de manière univoque.
Nora, la mère analphabète de Hallie, résume la leçon d'instruction civique de Stoddard : en République, « people are the boss ». Thomas Paine, en 1776, écrivait « in America, the law is king ». Donald Trump a montré, un 6 janvier, qu'il n'avait que faire du « boss » et, aujourd'***, qu'il pouvait s'attaquer au « king », quelle que soit sa forme : la règle, les juges, les avocats. À l'heure où l'on oppose souveraineté populaire et justice, les électeurs devraient s'en souvenir : la mise en scène de cette confrontation n'est souvent que le cache-sexe d'une volonté de puissance.
Le peuple de Shinbone était lâche au point de ne pas affronter Liberty Valance et de porter au pouvoir un homme pour un meurtre qu'il n'avait pas commis. Il faut aujourd'*** être aussi optimiste que Ford et croire que le peuple sera suffisamment courageux pour reconnaître qu'on lui a menti et empêcher la revanche posthume du bandit.
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